Défibrillateurs automatisés externes (DAE) dans l’espace public de la Ville de Luxembourg

Luxembourg, le 12 janvier 2026

Madame la Bourgmestre,

Selon les informations du CGDIS, plus de 600 personnes sont victimes chaque année d’un arrêt cardiaque au Luxembourg. Dans environ 70 % des cas, l’arrêt cardiaque survient en présence d’un témoin. D’après le rapport «Out-of-Hospital Cardiac Arrest – Attempted Resuscitations, Annual Report 2021», 263 arrêts cardiaques ont été pris en charge par le CGDIS en 2021. Or, seules 43,7 % des tentatives de réanimation ont été initiées par des témoins, et ce malgré l’importance cruciale d’une intervention rapide en cas d’arrêt cardiaque. Les défibrillateurs automatisés externes (DAE) constituent un outil essentiel pour augmenter les chances de survie lorsqu’ils sont rapidement accessibles au public.

Selon le site reagis.lu (voir annexe), environ 75 défibrillateurs seraient recensés sur le territoire de la Ville de Luxembourg. Il apparaît toutefois que la très grande majorité de ces appareils se trouvent dans des bâtiments fermés ou à accès restreint. À titre d’exemple, dans le quartier de Bonnevoie, l’un des quartiers les plus peuplés de la Ville, seuls quelques défibrillateurs sont référencés, notamment à la Chambre des salariés, au Lycée technique de Bonnevoie et auprès des CFL, donc dans des lieux parfois lointains et inaccessibles en permanence au public.

Par ailleurs, il n’existe actuellement pas de liste centralisée et facilement accessible sur le site internet de la Ville de Luxembourg (voir annexe) recensant l’ensemble des défibrillateurs installés par la Ville dans ses infrastructures (centres culturels, installations sportives, piscines, bâtiments communaux, etc.).

Dans ce contexte, je souhaite, conformément à la loi communale et au règlement d’ordre intérieur du Conseil communal, soumettre les questions suivantes au Collège échevinal :

  • Où la Ville de Luxembourg a-t-elle installé des défibrillateurs à ce jour (bâtiments communaux, infrastructures sportives, culturelles, administratives, autres) ?
  • Existe-t-il une ligne directrice ou une stratégie définissant les critères d’installation des défibrillateurs par la Ville (type de bâtiment, fréquentation, accessibilité, horaires) ?
  • Sachant que la Ville de Luxembourg n’a actuellement pas d’obligation légale en la matière, le Collège échevinal ne partage-t-il pas l’avis qu’à l’instar de nombreuses autres communes, il serait pertinent d’installer de manière systématique des défibrillateurs dans l’espace public?
  • Si oui, quelles seraient les lignes directrices envisagées pour un tel déploiement dans l’espace public de la Ville de Luxembourg, notamment sur les places publiques, dans les quartiers et à des endroits accessibles 24h/24, afin de permettre une intervention rapide de la population en cas d’arrêt cardiaque, et quels objectifs le Collège échevinal se fixerait-il à court et moyen terme en matière de couverture du territoire communal par des défibrillateurs accessibles au public ?
  • Si le Collège échevinal ne souhaite pas aller dans cette direction, pour quelles raisons ? Comment justifie-t-il ce choix, sachant que l’accès rapide à un défibrillateur peut sauver des vies et que de nombreuses communes luxembourgeoises ont déjà fait le choix d’installer des DAE dans l’espace public ?

Je vous remercie par avance pour vos réponses.

Veuillez agréer, Madame la Bourgmestre, l’expression de ma considération distinguée.

François BENOY
Conseiller communal déi gréng Stad

Annexe