Luxembourg, le 28 janvier 2026
Madame la Bourgmestre,
En réponse à ma question au collège échevinal au sujet des colonnes Morris de la Ville de Luxembourg vous m’avez répondu le 6 mai 2024 au conseil communal que “(n)otre Service Communication et Relations publiques est en train d’élaborer un projet pilote avec le service TIC. Nous sommes sur la voie d’une numérisation croissante. Dans cette optique, nous souhaitons refondre les « Reider » dans les différents quartiers, ce qui nous permettra également d’annoncer les événements culturels des associations par voie électronique. Ce projet pilote sera mené dans un premier temps dans deux grands quartiers de la ville.”
Dans ce contexte, je souhaite, conformément à la loi communale et au règlement d’ordre intérieur du Conseil communal, soumettre les questions suivantes au Collège échevinal :
- Où en est concrètement la mise en œuvre du projet pilote annoncé concernant la numérisation des « Reider » et l’affichage électronique des événements culturels?
- Un calendrier de mise en œuvre est-il désormais défini, et à quelle date le lancement effectif du projet est-il prévu?
- Dans quels quartiers le projet pilote sera-t-il mis en œuvre, et selon quels critères ces quartiers ont-ils été sélectionnés?
- Comment la collaboration avec les associations culturelles et locales est-elle envisagée, notamment en ce qui concerne l’accès, la gestion et la diffusion des contenus culturels ?
Par le passé, les colonnes Morris – ou colonnes d’affichage – faisaient pleinement partie du paysage urbain de la Ville de Luxembourg. Au-delà de leur fonction informative, elles constituaient un élément culturel et esthétique de l’espace public, participant à une forme de mise en scène urbaine de la vie culturelle et associative. Comme cela reste le cas dans de nombreuses villes européennes, notamment à Paris ou en Suisse, ces supports physiques contribuaient à la visibilité des images dans l’espace public et à leur rôle social, en tant que vecteurs de débat, de rencontre et d’expression collective. La disparition progressive de ces formes d’affichage analogiques au profit de supports exclusivement numériques pourrait entraîner une perte symbolique et culturelle que les écrans électroniques ne peuvent entièrement compenser.
- Comment le Collège échevinal évalue-t-il la perte culturelle, esthétique et symbolique liée à la disparition des colonnes Morris dans l’espace public urbain?
- Quelles mesures concrètes sont envisagées afin de préserver ou de recréer cette dimension culturelle et artistique de l’affichage public dans la Ville de Luxembourg?
Je vous remercie par avance pour vos réponses.
Veuillez agréer, Madame la Bourgmestre, l’expression de ma considération distinguée.
François BENOY
Conseiller communal déi gréng Stad